Prenez des photos. Beaucoup de photos. Un jour, elles auront peut-être plus de valeur que vous ne l’imaginez.

Prenez des photos, beaucoup de photos – illustration poétique sur les souvenirs, la mémoire et les instants précieux de la vie.

Il y a des articles que l’on écrit avec ses connaissances,d’autres avec son expérience.

Et puis il existe ceux que l’on écrit avec une partie de son histoire.

Celui-ci fait partie de ces derniers.

Dans quelques jours, une date reviendra dans mon calendrier.

Une date qui, depuis maintenant sept ans, ne ressemble à aucune autre.

Il y a presque sept ans, ma vie a basculé en quelques heures à la suite d’une grave erreur médicale. Cette erreur a profondément bouleversé mon existence et a laissé derrière elle des conséquences dont certaines m’accompagnent encore aujourd’hui.

Je reviendrai certainement un jour sur cette période dans un autre article. Non pas pour susciter la compassion ou revenir sur ce qui a été vécu, mais parce que certaines épreuves finissent parfois par nous enseigner des choses que nous n’aurions jamais apprises autrement.

Aujourd’hui, ce n’est pourtant pas de cette erreur médicale dont j’ai envie de vous parler.

J’ai envie de vous parler de quelque chose de beaucoup plus simple.

Et pourtant tellement précieux.

Les souvenirs.


  » Lorsque tous mes organes ont été touchés, il y a une chose que très peu de personnes autour de moi savaient. Ma mémoire avait été altérée.

Pendant plusieurs semaines, mois, je ne savais pas si ce que je vivais serait temporaire… ou définitif.

Je ne savais pas si certains souvenirs reviendraient un jour.

Je ne savais pas si certaines périodes de ma vie resteraient accessibles à ma mémoire.

Et cette incertitude parmi d’autre est probablement l’une des choses les plus angoissantes que j’ai traversées.

Parce que lorsque la mémoire vacille, c’est une partie de son identité qui semble vaciller avec elle.

Je me suis alors accrochée à ce qu’il me restait. Les photographies,les vidéos ,les petits films enregistrés presque sans réfléchir.

Les messages, les sms, les éclats de rire capturés quelques secondes.

Les anniversaires.Les repas.Les vacances.Les promenades.Les moments les plus simples.

Tous ces instants qui, quelques semaines auparavant, me semblaient tellement ordinaires.

Je les regardais parfois pendant des heures.

Comme si chaque image venait doucement rappeler à mon cerveau ce qu’il avait momentanément oublié.

Comme si chacune d’elles reconstruisait, morceau après morceau, le puzzle de ma propre vie.

Aujourd’hui, avec beaucoup de gratitude, je peux dire que ma mémoire est revenue.

Et j’ai même le sentiment qu’elle fonctionne mieux qu’avant.

Mais cette expérience a profondément changé mon regard.

Depuis ce jour, je ne regarde plus jamais une photographie de la même manière.

Depuis cette expérience, j’ai compris une chose.

Nous pensons toujours que nos souvenirs resteront avec nous toute notre vie.

Nous imaginons qu’ils sont gravés définitivement dans notre mémoire.

Qu’ils seront toujours disponibles.

Que nous pourrons les retrouver quand nous le souhaiterons.

Mais la vie nous rappelle parfois que rien n’est jamais totalement acquis.

C’est pour cette raison qu’aujourd’hui j’ai envie de vous dire une seule chose.

Prenez des photos.  Beaucoup beaucoup de photos.

Filmez. Immortalisez. Capturez. Conservez.

Photographiez vos enfants lorsqu’ils éclatent de rire.

Votre compagnon ou votre compagne lorsqu’il ou elle vous regarde sans s’en rendre compte.

Vos parents. Vos grands-parents. Vos animaux. Vos amis. Vos repas. Vos voyages. Vos balades.

Vos journées ordinaires. Votre maison. Votre quotidien.

Parce qu’un jour, ces instants qui vous semblent banals deviendront peut-être vos plus grands trésors.

Les bienfaits thérapeutiques des photos.

  • elles stimulent la mémoire ;
  • elles réactivent les émotions positives ;
  • elles renforcent le sentiment d’identité ;
  • elles permettent de mesurer le chemin parcouru ;
  • elles favorisent la gratitude ;
  • elles renforcent les liens familiaux ;
  • elles deviennent précieuses dans certaines maladies neurologiques ;
  • elles aident dans les processus de deuil ;
  • elles soutiennent la reconstruction après un traumatisme ;
  • elles montrent une évolution physique, émotionnelle et personnelle que l’on ne perçoit pas toujours au quotidien ;
  • elles permettent parfois de retrouver confiance en soi en observant le chemin parcouru.

Prenez également des photos de vous. Pas uniquement pour les publier. Pas pour les autres. Pour vous. Parce qu’un jour, vous aurez peut-être besoin de vous rappeler la personne que vous étiez, le chemin que vous avez parcouru, les combats que vous avez gagnés et tout ce que vous avez réussi à traverser.

Aujourd’hui, lorsque je regarde certaines photographies, je ne vois plus simplement une image.

Je vois un instant de vie qui ne reviendra jamais.

Je vois des personnes qui ont changé. Des enfants qui ont grandi.

Des proches qui ne sont parfois plus là. Je vois des éclats de rire que je peux encore presque entendre.

Des regards. Des silences.

Des moments que la vie aurait pu emporter avec ma mémoire.

Alors aujourd’hui, si je pouvais vous laisser un seul conseil, ce serait celui-ci.

N’attendez pas une occasion particulière.

N’attendez pas les vacances.

N’attendez pas de vous trouver plus beau, plus mince ou plus photogénique.

Prenez des photos aujourd’hui.

Prenez des vidéos.

Immortalisez votre vie telle qu’elle est.

Parce qu’au fond…

Les souvenirs sont probablement la seule richesse qui prend de la valeur avec le temps.

Et parfois…

Une simple photographie peut devenir le plus beau morceau de mémoire qu’il vous restera.

Au fil des semaines de ma convalescence, la photographie a également pris une place que je n’aurais jamais imaginée.

J’ai toujours aimé prendre des photos.

J’ai toujours aimé observer un paysage, capturer une lumière particulière, immortaliser un sourire, un détail, un instant qui ne durerait que quelques secondes.

Mais après cette erreur médicale, la photographie est devenue bien plus qu’une passion.

Elle est devenue un refuge.

Lorsque la douleur était trop présente, lorsque mon corps ne me laissait aucun répit et que chaque journée semblait rythmée par les symptômes, prendre mon appareil photo ou simplement mon téléphone me permettait, pendant quelques instants, de déplacer mon attention.

Au lieu de me concentrer uniquement sur ce que je ressentais physiquement, mon regard partait à la recherche d’une lumière, d’une couleur, d’un reflet, d’un paysage ou d’un détail que je n’aurais peut-être jamais remarqué auparavant.

Pendant ces quelques minutes, je n’étais plus uniquement une personne malade et  souffrante.

Je redevenais simplement une personne qui regardait le monde .

Et cette différence est immense.

La photographie m’a offert ce que beaucoup de personnes recherchent lorsqu’elles traversent une période difficile : une respiration.

Elle ne faisait pas disparaître la douleur. Elle ne guérissait pas mon corps.

Mais elle m’offrait de véritables parenthèses où mon cerveau cessait, ne serait-ce que quelques instants, d’être entièrement focalisé sur la souffrance.

Avec le recul, je comprends aujourd’hui que la photographie m’a aidée bien plus que je ne l’aurais pensé . Elle me rappelait qu’il existait encore de la beauté autour de moi, même lorsque j’avais parfois l’impression que tout s’effondrait.

Chaque photographie devenait une petite victoire.

La preuve que, malgré tout, j’étais encore capable de m’émerveiller.

Encore capable de créer. Encore capable de ressentir.

Encore capable de vivre.

Et je crois sincèrement que c’est l’une des plus belles forces de la photographie.

Elle nous oblige à ralentir.

À observer.

À regarder ce que nous ne voyons plus.

À être pleinement présents dans l’instant.

Elle transforme un moment ordinaire en un souvenir extraordinaire.

Et parfois, elle nous rappelle simplement que, même au cœur des périodes les plus sombres, il existe encore de la lumière à capturer.

Je crois finalement que la plus jolie séquelle que cette épreuve de perdre temporairement une partie de ma mémoire m’a laissée est celle de photographier la vie. Mon téléphone est devenu une véritable bibliothèque de souvenirs. Je capture les grands événements comme les plus petits instants du quotidien, et lorsque je me dis qu’il faudrait peut-être faire un peu de tri, je me rends compte que je n’y arrive presque jamais. Derrière chaque photo se cache une émotion, une personne, un paysage, un sourire ou simplement un moment qui, quelques secondes plus tard, appartenait déjà au passé. Alors je les garde. Presque toutes. Parce qu’aujourd’hui, je connais leur véritable valeur.

Celestial – Eclaireuse de chemin d’âme

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